J'ai ouvert une nouvelle baraque à frites : www.etmerde.euro.tm
Lundi après-midi, les E., plus précisément Madame E., après leur semaine de vacance automnale sur les côtes du Nord [1], nous appelle afin de proposer à mon épouse LA chose qu’elles adorent faire ensemble (qui n’est pas, à mon grand regret de se battre, simplement vêtues de strings mangeables et entièrement épilées, dans la confiture de fraise) : aller chez IKEA™. Je me doutais bien de la chose lorsque je vis mon épouse, le combiné à l’oreille, esquisser ce sourire carnassier propre aux grands prédateurs de la consommation de masse. IKEA est leur LUNA PARK. Elles en rêvent, nourrissent leurs phantasmes avec le catalogue qu’elles conservent précieusement dans le tiroir de leur lingerie, établissent des comparaisons lors de discussions érudites sur les mérites comparés de la chaise Shöerke et de l’étagère Jürlood [2].
Chaque visite est une expédition et comme dans toute expédition, il faut des porteurs, un lumpen Proletariat du caddie™, servile et que l’on peut exploiter au delà des limites du supportable : leurs maris. Le périple fut fixé au lendemain, les montres synchronisées, les objectifs définis et le programme finalisé : rendez-vous le mardi à 9h15.
IKEA, elles n’y vont que deux à trois fois par an mais la visite est aussi complète qu’une fouille rectale par un douanier zélé : nous passâmes la matinée sur le premier étage, puis nous déjeunâmes dans le self maison avant d’attaquer le rez-de-chaussée, le tout avec ma fille, Emma, d’une humeur massacrante et le petit Matheo E. décidé à essayer TOUTES les portes des meubles et de tester la souplesse de TOUTES les chaises et fauteuils. Et qui portaient ses immenses sacs jaunes ridicules avec leurs petites lanières bleues vous sciant cruellement l’épaule à chaque pas ? Les hominidés couillus asservis à l’esclavage conjugal par les négriers de l’Etat-civil.
Nous restâmes six heures dans cet enfer : de 10h à 16h. Avec deux passages en caisses et un après-midi truffés d’aller-retour aux toilettes (car ma fille trouvait sympathique les lieux d’aisance suédois) à travers le labyrinthe du chemin de croix bancaire qu’est la disposition d’un magasin IKEA. Pour ceux qui ne connaissent pas, vous avez une sorte de parcours obligatoire à suivre serpentant dans TOUS les rayons, n’offrant aucuns raccourcis possibles mais plus de tentations que n’eut à subir Jésus dans le désert ; un piège implacable duquel il est presque impossible pour toute femme normalement constituée de sortir sans acheter quelque chose, ne serait-ce qu’une brosse à chiottes au design scandinave. Facteur aggravant, les toilettes étaient au premier étage alors que nous parcoururent comme des rats de laboratoire les travées du rez de chaussée tout l’après-dîner, je sentis le poids des ans et celui des plats en sauces plus durement que jamais.
Au final, la facture fut plus salée chez les E. et il achetèrent une magnifique bibliothèque à laquelle leur salon n’offrait aucune possibilité d’asile ainsi qu’un support mobile pour des poubelles psychédéliques violettes incompatibles avec le placard de l’évier. Ils avaient bêtement oublié de prendre les mesures des espaces disponibles avant d’acheter. Mais est-ce vraiment de leur faute ? Ne sont-ils pas les victimes d’un aguichant bonheur en kit plaqué bouleau ? (Et aussi de leur manque de prévoyance mais ce sont des amis et je ne me moque jamais de mes amis, se serait me ravaler au rang de la femme... Que Dieu m’en préserve !).
Notes
[1] Monsieur E. a une étonnante particularité : ses vacances estivales riment presque toujours avec mauvais temps et/ou maladie... Cette année, c’était « température automnale à Berck »...
[2] Si un jour IKEA vend des sextoys, vocable bien plus « hype » que vibromasseur qui fait un peu trop « congés payés en thalasso », je m’entends à des débats beaucoup plus intéressants... Donc Monsieur IKEA si vous me lisez...
J’apprécie particulièrement les toilettes, en dehors de l’assouvissement des besoins du système digestif, les chiottes sont une parenthèse, un moment de paix et de repos, je vais aux gogues comme d’autres vont en retraite dans un monastère [1]. L’autel de porcelaine est un sanctuaire inviolable, un havre où je philosophe. Et oui, j’essaie de comprendre le monde sur les chiottes comme certain le font dans une chemise blanche. Ce qui induit une certaine gêne pour mes proches, ne le cachons pas, j’y reste de longues, très longues minutes.
Récemment, je me posais la question des figures pouvant symboliser notre époque, après moult contractions abdominales, j’en vins à la conclusion que le tueur en série et la porno-star formaient le Janus de notre temps. Oui, je sais cela fait très sérieux... dans le même temps, je reste modeste : ce ne sont que quelques pensées à chier.
Tout d’abord, le tueur en série : il est déjà starisé sous les traits d’Hannibal Lecter, esthète du meurtre et fin gastronome. Il est sûr que la figure de ce dernier est plus "présentable" qu’un Francis Heaulmes SDF-tueur, "gueule de Groseille" tuant le temps et ses contemporains de manière assez grossière, il faut le reconnaître. Le "serial killer" est une favorisé par nos sociétés industrialisées : tout comme le tourisme de masse, le tueur en série est un pur produit de la société des loisirs. Certes, je vous concède qu’il est difficile de mettre sur le même plan le touriste en short devant la Grande Pyramide et un collectionneur d’utérus d’électrices de l’UMP néanmoins ces deux activités nécessitent du temps libre [2]. Il n’est décemment pas possible d’écorcher, de démembrer, d’énucléer, etc. proprement sans un minimum de temps libre et sans des moyens de transport permettant de faire son shopping victimaire avec un minimum de discrétion.
Plus profondément, le tueur de masse est notre avatar, notre Mister Hide celui qui se moque des lois, du respect de la vie humaine, des tâches de sang et des hurlements, celui qui prend (non, je ne parle pas des actionnaires du CAC 40). Il est d’autant plus séduisant une fois qu’il est esthétisé par le cinéma : qui aurait l’envie d’être, ne fusse qu’un instant, dans la peau d’Emile Louis ? Alors qu’Anthony Hopkins est si joliment inquiétant ?
Pour continuer sur le registre de la séduction, parlons des stars du X. Le sexe est évidemment, avec l’argent, la clé de voûte de la vie quotidienne de la majorité des habitants des pays les plus développés ; le porno leur offre les deux : le sexe et la performance. Baiser à longueur de journée et être payé pour cela, un doux rêve, l’Eldorado de l’homme moderne. De plus le porno a énormément de point commun avec la haute finance et le monde boursier [3] : on fusionne, on rationalise la production, on fait du cash avec un minimum d’investissement, la performance est la condition sine qua non de la survie, la main d’œuvre est flexible (pas trop quand même) et disponible, on délocalise dans les pays à faible niveau de vie donc à faible coût. Jean-Jacques Sylvestre est sur ce point collègue de Clara Morgane, John B. Root coreligionnaire de Bill Gates et Rocco Siffredi émule de Richard Bronson.
C’est fou, tout ce qui peut me passer par l’esprit lorsque les sphincters se relâchent. De ce fait, je revendique fièrement d’être un penseur à chier et je vous tire la chasse.
[1] Marc Olivier Fogiel pratique, paraît-il, régulièrement l’exercice... Si ses émissions sont le reflet de son passage à la Trappe, les WC me semblent plus appropriés.
[2] Cette analyse rend par ailleurs les propositions du MEDEF de salut public : comment se livrer au meurtre après une journée de 12 heures ou durant la semaine de congés payés décennale ?
[3] sans mauvais jeu de mots... et pourtant, j’en connais de très mauvais.
J’ai participé au concours d’écriture de Mlle MISO. C’est en deux parties (là et là) et c’est même en podcast (ici et ici).
Mais tout cela n’est que pure fiction...
C’est la gloire ! Je suis traduit en portugais! La preuve.
P.-S.
Il s’agit du texte intitulé "Petites morts" dont voilà la traduction :
Orgasmos
Por mais estranho que isso possa parecer o sexo não é percebido da mesma maneira pelos homens e pelas mulheres. Vocês me dirão que isso parece uma teoria bernardhenrilevyziana : este argumento é tão original quanto uma imitação de Patrick Sébastien. Pode ser, mas eu aponto o inimigo :
EU ACUSO O ORGASMO MÚLTIPLO DE SER A ORIGEM DA OPINIÃO NEGATIVA QUE AS MULHERES TÊM DA SEXUALIDADE MASCULINA.
Se para elas nós não somos mais que animais que não pensam em nada além de fornicar em posições que só um espírito perverso pode elaborar, o que elas não conseguem entender é nossa diferença natural ante à capacidade delas de gozar várias vezes sem mesmo parar para respirar (algumas chegam a bater no seu parceiro para evitar um curto-circuito neural após cinco minutos de orgasmo ininterrupto).
E sim madames, em um mês de atividades sexuais vocês podem acumular tantos orgasmos quanto nós em um ano... Sem se esquecer que durante o intercurso amoroso vocês saltam de orgasmo em orgasmo enquanto nós, sofredores, não pensamos em nada mais além de atrasar o inevitável, pois não há segunda chance.
Então para punir todos estes privilégios do prazer, adotemos a ejaculação precoce ! Elas rirão menos !!! ah ! ah ! ah ! Vamos frustrá-las !!! Antecipar as danações do orgasmo !
En ces temps de victoires footballistiques, il m’a semblé intérressant de remettre en avant un texte que j’avais écrit il y a quelques années :
Le journaliste sportif est un être tourmenté. Cette belle âme avide d’épopées épiques, de romantisme échevelé, de tragédies shakespeariennes aurait rêvé d’être le nouvel Homère... mais voilà, il aime le sport.
Toutes les baballes, les voitures transportant de la luxueuse viande hachée en puissance, les panneaux publicitaires à voile, les athlètes aux hormones sautant haut, courant vite, frappant fort, ça le met dans tous ses états. Il n’en peut plus de joie, d’émotion l’histrion du biceps. Parfois même, une légère turgescence/moiteur intime rend vie à sa libido mis à mal par tant de nuits blanches à suivre quelques jeux du cirque de par le monde.
Alors, quant il doit exprimer ses sentiments, le Château-Briand du banc de touche, il va déployer tout son talent, ouvrir les vannes de ses ambitions refoulées. Et là, Mon dieu, vous allez subir les superlatifs les plus abscons, les comparaisons kitchissimes, le chauvinisme le plus borné, le tir nourri des lieux communs, le tout emballé dans une syntaxe acrobatique : Le journaliste sportif dans toute sa splendeur.
Le journaliste sportif est une anorexique de l’enthousiasme, un rien lui suffit : onze bourrins qui mettent plus de buts que les onze boeufs d’en face ; vous n’y voyez au mieux qu’un moment agréable passé à regarder des anciens "forts en sport, mauvais partout" surpayés, au pire un nouvel exemple de l’incommensurable bêtise grégaire.
Notre homme y verra, lui, l’histoire de l’humanité en accéléré, les plus belles qualités humaines, des actes d’héroïsme hollywoodesques, des drames cornéliens. Des bonheurs simples, vous dis-je. Le journaliste sportif m’est insupportable pour son euphorie bovine, sa manie de porter aux nues des sportifs qu’il brûlera le lendemain et sa prétention à savoir reconnaître derrière de simples activités physiques phénomènes de société et autres symboles. J’aimerai que les jeux du cirque recommence pour voir tous ces Tyson du commentaire affronter des fauves à mains nues... je me chargerai du commentaire...
Depuis samedi 1 juillet, tous les journalistes sont des journalistes sportifs.
Hier dimanche 3 juillet, le 20 heures de France 2 était exclusivement dédié à la victoire française. Cette mixture à base de nationalisme rance, d’instinct grégaire bêtifiant et de micro-trottoir stupides m’a franchement incommodée. J’aime le foot mais pas les supporters.
Faire du TF1 sur le service public, est-ce ce que l’on doit attendre d’un Carolis proche des Chirac ?
En ce dimanche caniculaire du mois de juin, c’était BBQ-party chez les Labulle. On recevait pour l’anniversaire de la petite E. (deux ans) qui allait être submergée de cadeaux dont le montant total équivaut au salaire moyen annuel d’un ouvrier chinois ; ouvrier ayant peut-être fabriqué ces présents dans des conditions de travail à peine meilleurs que celle des futurs camps de rééducation militaire Royaux [1].
Les E. et leurs enfants, les papys et mamys, les oncles et tantes accompagnés de leur partenaire sexuel favori, tout le monde était là. La petite Clara avait même amené sa poupée Catherine ; vous savez, ce type de poupée ayant une physionomie imitant étonnement celle d’un être humain [2]. Et ça, c’était une regrettable erreur ; car trois individus chargés à la « 33 export » tiède, le corps mis en feu par le brasier, le soleil et une série de fantasmes frelatés allaient bientôt saloper la bucolique [3] journée.
Très rapidement, Didier et Jean, les Emile Louis et Françis Heaulmes de la merguez, commencèrent à poser leurs regards torves sur le corps délicat de la pauvre poupée : les fesses fermes, la poitrine arrogante de Miss Silicone commencèrent à rendre nerveux les deux trolls en rut. Ils entonnèrent, ersatz de brame, un chant aux rimes riches et subtiles : « Catherine, ma copine prend ma ... » mais arrêtons là, la colère divine risque de s’abattre sur nos corps tourmentés de pêcheurs. Le troisième larron, Monsieur E., se transforma aussitôt en proxénète slovaque nous proposant des tête à tête discret avec la Catherine en échange de rab de grillades et de sauce chili.
Discrètement, Jean s’éclipsa avec la douce dans la tente dressée pour l’amusement des petits. Monsieur E. s’empara alors de l’appareil photo, couinant des « Oui ! Vas-y ! Bouge ! Tu es belle ! » tout en lelouchant [4] autour du couple contre nature, tout en se caressant le bas ventre. Regardez, c’est atroce...

poupée tente 1

poupée tente 2

poupée tente 3
Plus tard dans la journée, Didier, chargé comme un alambique, proposa à son acolyte de faire découvrir les joie du méchoui à la petite Catherine. Là encore les règles de la bienséances en prirent un sérieux coup, regardez :

poupée mechoui 3
Les pervers se livrèrent évidemment avec la plus grande discrétion à ses immondices, évitant les patrouilles de leurs épouses se doutant que quelque chose se tramait à la seule vue de leurs trognes goguenardes.
Je vous le demande : où va-t-on si les Groseilles vont engrosser les jouets de nos enfants ? Barbie va-t-elle être rebaptisée en Jenifer et autre Kelly et Ken rouler en mobylette bleue les sacoches chargées de Pissbraün ? Que fait la justice ? Et l’Eglise ?
[1] Une question me turlupine : si Ségolène chasse sur les terres de Nicolas et que ce dernier braconne chez Jean-Marie, qui est à gauche ? Fabius ?!
[2] mieux que Régine, en tout cas
[3] Nous sommes à la campagne
[4] tourner comme un derviche autour des acteurs